Des moyens pour une ambition ou l'ambition d'être moyen ?
La marque de fabrique de Transcom depuis au moins 3 ans, c’est son aptitude à ne pas mettre les moyens nécessaires en face de ses ambitions. Ce constat, pour sévère qu’il soit, s’appuie sur l’expérience des moments difficiles, sur l’incapacité avérée de l’entreprise à s’adapter rapidement à un environnement mouvant à défaut d’être émouvant.
La réforme que réclame depuis des mois la CFDT est à la fois d’ordre matériel et structurel. L’aspect matériel et nécessairement financier de l’évolution que nous attendons devant venir compléter la mise en œuvre indispensable d’une modification profonde des pratiques managériales à l’intérieur de l’entreprise.
Ce que souhaitent tous les salariés, c’est que la direction générale puisse leur prouver son aptitude à donner un nouveau souffle à l’entreprise et le pari est loin d’être gagné. La CFDT attend notamment une redistribution des cartes entre la partie production, le service training/qualité et le gestionnaire des flux d’activité.
Pour être plus clair encore, l’évidence doit prévaloir, le service de gestion des flux et le service training/qualité doivent être clairement mis au service de la production, contrairement à ce que nous connaissons pour le moment.
Il est fascinant de voir le temps et l’énergie gaspillée dans chaque centre par les responsables opérationnels pour faire avaler à leurs subordonnés, les pilules amères de ce que souhaitent voir expérimenter nos experts. Transcom, nous dit-on, serait atteint d’un syndrome parasitaire d’excès de qualité, mais à ce jour, rien n’est fait pour y remédier.
Le service training qualité devrait venir logiquement venir en support de la production, comme par ailleurs le service gestion des flux, mais, le croirez-vous ? Ce n’est pas le cas. La somme des égos à bousculer est sans doute d’un trop grand poids pour que notre direction générale ose s’y affronter. C’est fort regrettable, à la fois pour l’entreprise et pour ses salariés. Le moyen réside dans le courage, l’investissement est faible, il ne consiste qu’à établir un lien nouveau de subordination.
A-t-on quelque chose en particulier contre le service qualité ? La réponse est non, simplement Transcom et ses salariés sont rémunérés, pour l’essentiel, à proportion de ce qu’ils produisent en volume, guère en qualité.
Dans l’industrie, ce qu’on entend par service qualité se rapproche davantage d’un service des méthodes, qui contribue à l’essor de la production.
La culture Transcom, c’est davantage l’art de préserver son « pré carré », nul ne tolère de voir son espace de compétence empiété et c’est fort dommage, les résultats de l’entreprise sont là pour le prouver. Monsieur le DG et madame la DRH sauront-ils se donner les moyens de modifier cela ?
Des moyens qu’ils ne mettent pas en œuvre, en tout cas dans le cadre de la négociation sur l’emploi des seniors. On se dirige tout droit vers un plan d’action, mesure non contraignante qui évitera à la direction le paiement de pénalités, d’amendes équivalentes à 1% de la masse salariale totale de Transcom, si elle est posée avant le 31 décembre. Il est hors de question pour la CFDT de signer tout accord qui ne serait pas supporté, étayé, par des moyens financiers pour « encourager et préserver l’emploi des séniors. Or la direction ne veut rien mettre de concret dans la balance pour donner à cet accord un peu de chair, de substance : C’est un choix qu’elle devra assumer pour l’obtention d’un certain label. La CFDT saura le rappeler.
Avoir les moyens de ses ambitions ou sans ambition, rester plus que moyen, là est toute la question.