Au-delà des apparences
A la lecture de vos commentaires de plus en plus nombreux et dont je me réjouis, il me semble important de vous dire un secret. Voilà, je me confie, à vous et seulement à vous, je m’autorise, je me permets de vous dire ce qu’aux autres, je tais.
Ce que je veux vous dire, c’est qu’il n’y a pas de guerre syndicale, juste des escarmouches, des coups de colère qui nous poussent parfois à de courts affrontements.
L’essentiel est ailleurs et sur l’essentiel nous partageons le même but : protéger les salariés. Et c’est dans les moyens d’atteindre cet objectif, qu’effectivement, nous divergeons.
Pour résumer l’état d’esprit de la CFDT au cours de ces négociations, je vous dirai simplement que nous tenons à être pragmatiques. Ce qui nous préoccupe, avant tout, c’est d’apporter des arguments pour convaincre la direction qu’elle n’a rien à gagner à « flinguer » ses salariés en dégradant leurs conditions de travail, par des cadences de travail intenables, avec des semaines trop longues, qui se succèderaient à l’infini et j’en passe.
Ce que nous faisons valoir au cours de chaque réunion, c’est qu’un salarié doit être respecté, valorisé, préservé. Notre argumentation repose sur le fait qu’une entreprise qui s’attache au bien-être de ceux qu’elle emploie sera plus compétitive, parce que son personnel sera plus impliqué, plus motivé.
C’est ce qui nous a permis d’obtenir des avancées significatives par rapport au projet initial de la direction. Ces avancées résultent-elles uniquement du travail de la CFDT ? Si nous revendiquons une large part dans les avancées, nous n’oublions pas que d’autres organisations ont apporté leur contribution, aussi bien la CFTC que FO.
La CGT a choisi une autre voie que je ne m’explique pas, mais c’est à vous, salariés, de l’interroger sur les alternatives qu’elle peut proposer au-delà de la simple opposition.
Ce qui doit être clair dans votre esprit, c’est que l’accord d’entreprise ne sera possible que si deux organisations représentant au total plus de 30% des salariés le signent. Comme disait Raffarin, si la route est droite, la pente est raide et même bordée d’abîmes. La direction de Transcom devrait, à ce propos, réfléchir à l’usage qu’elle fait du Bluff dans la négociation.
La CFDT insiste sur le fait qu’il est inutile de semer plus de doute dans l’esprit des salariés pour ce qui concerne la mise en œuvre de l’annualisation et les modalités contractuelles qui s’y rattachent. Sir Charles Barkley, antique basketteur NBA du temps de mes 15 ans disait, « La pression, c’est ce qu’on met dans les pneus », mais pour certains Transcomiens, l’angoisse monte et devient difficile voire impossible à supporter. Les choix de l’entreprise doivent être clarifiés.
Pour conclure et pour résumer, nous sommes proches d’un accord, les conditions de mise en œuvre de l’annualisation ont largement évoluées, nous sommes désormais dans la phase rédactionnelle de l’accord. Reste à éclaircir, et largement, l’attitude de l’entreprise par rapport aux suites qui seront données à la mise en place des avenants, à ce propos et si nous ne l’avons pas dit suffisamment clairement : nous procédons aux vérifications juridiques de toutes les hypothèses évoquées dans l’article précédent.
Alors même si le temps vous semble trop long, sachez que nous avançons.
Vos élus CFDT
Permettez-moi de vous présenter Sir Charles Barkley