Mots à Maux

Publié le par dpcfdtroanne

Le moins est l’ennemi du plus, le saviez-vous ? Moi, je l’ignorais, ou je faisais comme si, comme si tout cela était normal. Malgré moi, mes yeux se sont ouverts, mes pupilles d’abord girondes, dilatées se sont étrécies et j’ai vu, alors, le visage effrayant de la réalité.

Le moins est l’ennemi du plus, moins de temps pour faire plus, le slogan des nouvelles générations laborieuses, la productivité comme maître-mot, la réussite individuelle comme alibi. Ce qui est étonnant, lorsque le marketing se substitue au management, c’est de percevoir le côté obscur de la force, de la force des mots.

Le slogan des managers est le même depuis que je travaille, on modernise, on optimise, on organise pour réduire les coûts, on réduit pour développer l’entreprise, on embauche des coast killers pour tuer les dépenses inutiles. Mais derrière ou devant ce pragmatisme de façade, il y a les mots qui précèdent et doivent camoufler les maux des « ayants-droits » ou des « n’ayants pas droits ».

Tous les matins, sur la plate-forme, dans l’openspace (espace ouvert) se croisent, s’alignent et se font face des armées de salariés dont la planification est individualisée, dont les objectifs sont individualisés, dont les pauses sont individualisées, dont les primes sont individual…isées.

Le concept est simple et pervers, on assemble les gens selon des principes d’équipe dont l’objectif n’est plus de générer des synergies, mais au contraire de confronter les individus à leurs manquements face au groupe, à la collectivité.

 « Diviser pour mieux régner », une formule facile ? Pas tant que cela si on considère la suppression de toute valorisation du travail d'équipe par la prime. L’organisation doit aussi opposer naturellement les managers agents de maîtrise et les employés, par le simple exposé au groupe des déficiences constatées. De plus, our que le système fonctionne, il faut aussi revaloriser financièrement une catégorie par rapport à l’autre. Et ainsi de suite, on cherche à opposer les employés entre eux sur l’autel d’une pseudo-performance, selon des critères soumis à caution (qualité, performance). Ou bien encore, on charge de mission le responsable d’une section syndicale en quête de crédibilité. Tout est bon, pour régner.

Transcom, à l’image des autres prestataires, est totalement soumis aux diktats de ses donneurs d’ordre et transpose sur ses salariés la violence de leurs méthodes et l’obsession du travail au moindre coût.

Le paradoxe ultime réside dans le fait que nous sommes tous acteurs, plus ou moins volontaire, de ce dumping économique, de cette chasse au maillon faible. Les médias nous le serinent à longueur de chroniques, le coût du travail en France est trop élevé. Il fut question, un temps, de travailler plus pour gagner plus, aujourd’hui, il nous est demandé de travailler plus pour coûter moins, cela est-il possible ? C’est chacun d’entre nous qui détient la réponse, mais si la réponse est négative, notre voix ne pourra porter qu’au travers de messages collectifs et forts.

Quels sont nos buts ?

Nicolas Zeimetz

Délégué syndical CFDT - Roanne

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Publié dans De nous à vous

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C
<br /> De mon temps... il y a déjà... j'arrête de compter cela me fait peur, l'horaire de travail normal c'était 42h1/2 par semaine, personne ne s'en plaignait, on gagnait bien notre vie et il y a avait<br /> du boulot partout. Cependant, on observait déjà les prémisces d'une dégradation des conditions de travail dans certains secteurs.<br /> A savoir dans les bonneteries, des objectifs étaient fixés en terme de productivité afin d'obtenir déjà, la fameuse "prime de rendement"<br /> Bien sûr seules quelques élites, il s'agissait toujours de femmes, parvenaient aux objectifs laissant pantoises les autres, générant des jalousies et par voie de conséquence de la compétition.<br /> Argumentant que si certaines arrivaient au but, celui-ci devenait accessible à toutes, le contremaitre fixait donc l'objectif plus haut. La main d'oeuvre française ne suffisant plus à réduire les<br /> coûts de production, les entreprises ont délocalisé leurs activités.<br /> Résultat : Roanne, la première Ville Française de la bonneterie dans les années 1970 a vu cette activité se réduire à une peau de chagrin.<br /> J'ai la vague impression de vivre les mêmes évènements 3 décennies plus tard, en pire, nos dirigeants ne tirent aucune leçon de rien, seule compte la loi du profit.<br /> J'ai pourtant encore envie de me battre.<br /> <br /> <br />
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