Une chance pour Transcom
La négociation sur l’annualisation et la reprise du « Dialogue Social France » représentent à n’en pas douter, du point de vue de la CFDT, une chance pour Transcom et ses salariés. Il est temps qu’une vraie politique sociale soit mise en place à l’intérieur de ce groupe multinational et qu’un vrai dialogue s’instaure entre salariés et direction.
La CFDT n’a pas une vision manichéenne ou simpliste de l’entreprise, nous considérons que les intérêts du personnel et de l’entité Transcom ne sont pas si distincts ou opposés, bien au contraire.
Notre position est la suivante, c’est par un rapport constructif entre la direction France et les représentants du personnel que TWW pourra évoluer et se montrer digne du « label social » qu’elle arbore.
De notre point de vue, la réussite d’une entreprise ne peut se concevoir sans prendre en compte la rémunération des salariés et leurs conditions de travail et c’est là que nous portons toute notre vigilance.
La section CFDT de Transcom est lucide sur le monde dans lequel nous vivons, nous sommes conscients d’évoluer dans un environnement économique féroce où la recherche d’efficacité est maximale. Nous savons que derrière TWW, il y a des actionnaires, qui veulent percevoir des dividendes et du retour sur investissement.
Ce que nous demandons, ce que nous exigeons, c’est que cette quête éperdue ne se fasse pas au détriment des êtres humains qui travaillent dans l’entreprise. Ce ne sont pas là de nobles sentiments ou de belles intentions, la CFDT considère que Transcom a tout à gagner à préserver ses ressources humaines, à rééquilibrer la balance entre ceux qui travaillent et ceux maximisent les profits issus de ce travail.
Nous sommes exigeants, nous le revendiquons. La nouvelle direction, la nouvelle DRH, ne doivent pas nous demander d’oublier un passé lourd de fausses promesses, d’engagements non tenus, de négociations non abouties.
Il n’est pas possible de faire abstraction du passé, nous voulons que les négociations en cours soient marquées du sceau de l’ouverture, les propositions de la CFDT doivent être étudiées avec l’attention qu’elles méritent, sans a priori.
Transcom paie, aujourd’hui, le prix de son manque d’investissement dans ses « Ressources humaines ». Les dernières NAOS sont exemplaires de « négociations obligatoires », finies sitôt commencées.
La CFDT souhaite voir un autre mode de relations s’établir, basées sur le respect des intérêts mutuels des salariés et de l’employeur. Par exemple si un accord devait être trouvé sur l’annualisation, cela permettrait, à ce qu’on nous dit, à l’entreprise d’être plus rentable, plus performante, alors le fait de demander une contrepartie financière pour les salariés est simplement légitime.
Il est trop facile de regretter les mouvements de grève, l’image négative qu’ils donnent de l’entreprise et de ne rien faire quand les salariés réclament de meilleures conditions de travail et des rémunérations à la hauteur de l’investissement qu’on exige d’eux.
Nous sommes partisans d’une forme de démocratie sociale nouvelle, équilibrée, détachée de ce nouveau concept, mais si, vous savez ! « La lutte des classes », si cher à ce nouvel écrivain, vous savez, Karl Marx.
Est-il totalement délirant de penser qu’une entreprise est plus performante quand ses salariés sont correctement rémunérés, bien managés et travaillent dans des conditions correctes ? Nous pensons que non.
Nous portons au crédit de la nouvelle équipe dirigeante, la volonté manifeste de donner aux organisations syndicales le temps de travailler correctement à la préparation des négociations et de rouvrir les chantiers du dialogue social France. Mais ce que nous attendons surtout, c’est que des accords soient trouvés et que les salariés y trouvent satisfaction et un encouragement à travailler à Transcom.
Nicolas Zeimetz
Délégué syndical Transcom Roanne