Travailler à Transcom
Travailler à Transcom, un pur moment de bonheur, surtout en ce moment et j’ai envie de dire, particulièrement à Roanne. Roanne, son canal, ses péniches et le ciel qui décline à l’infini les tons de gris.
J’aurais aimé vous dire, malgré les incertitudes que nous connaissons, qu'il fait bon travailler à Transcom, mais ça n’est pas le cas. Au contraire, la situation actuelle est très grave et ne fait que se dégrader. Les salariés subissent des pressions de plus en plus fortes tous les jours, quelque soit l’activité sur laquelle ils sont, quelque soit leur position hiérarchique. Le taux d’absentéisme explose, les missings se multiplient, les licenciements succèdent aux démissions. Qui a intérêt à une telle décrépitude ? Peut être notre Direction générale France !
Dans le cadre des réunions de négociations, la CFDT a souligné la nécessité d’améliorer la qualité du management dans l’entreprise, de respecter les salariés et de faire cesser les mauvaises pratiques (management par la menace, multiplication des FSI, Objectifs irréalisables…).
Or, on assiste au contraire à une fuite en avant. Certes, la pression est mise sur le management mais ce sont les salariés de base qui en paient le prix tous les jours. Le mal être de l’encadrement retombe sur eux en cascade. De quel mal-être parle-t-on ? de quoi résulte-t-il ? De résultats élevés à atteindre, oui, mais pas seulement.
En effet, selon le pourcentage d’agents qui va quitter l’entreprise, le corporate va contraindre la direction France à justifier le nombre de cadres et d’agents de maîtrise qui constituent l’encadrement.
Il est clair que dès lors, il y aura un risque fort de voir les BMs, TLS, TLs, AFQ, RH et autres missionnés perdre leurs postes si le Corporate applique strictement les quotas prédéfinis, qu’il fixe à tous les centres Transcom Worldwide dans le monde.
Partant de ce constat, ayant conscience de cet état de fait, les membres de l’encadrement se trouvent consciemment ou inconsciemment mis en concurrence et dès lors, c’est la course au chiffre.
Il faut sauver l’activité Outbound D---- , on fait pression quotidiennement sur les agents sans tenir compte de la qualité des fichiers à travailler.
Il faut atteindre la DMT S--, on fait pression quotidiennement sur les agents.
C’est oublier trop vite que ceux-ci ne peuvent être performants qu’à la mesure des moyens qu’on leur donne et du soutien dont ils bénéficient. C’est oublier trop vite que les agents sont souvent attachés à l’activité sur laquelle ils travaillent et qu’ils font, pour leur grande majorité, le maximum pour atteindre leurs objectifs. La CFDT l’affirme, le stress qu’on leur impose est contreproductif, inutile et dégrade leurs conditions de travail.
Le nombre de départs sur l’activité S-- devrait alarmer les personnes qui en sont responsables, les Agents et TL sont en droit d’attendre de la direction un minimum de considération pour les efforts qu’ils fournissent depuis des mois en vain. Nous réclamons pour eux des compensations financières et une amélioration de leurs conditions de travail.
Car plus les conditions de travail se dégraderont, plus l’hémorragie de personnel sera forte et plus la situation de l’encadrement se trouvera fragilisée, chacun doit bien en avoir conscience, notre sort à tous est lié. Le mot solidarité doit retrouver un sens.
Notre message à la direction est clair, si les conditions de travail continuent de se dégrader ainsi, la CFDT saura mettre en œuvre d’autres modes d’action pour que la direction entende sa voix. Il serait regrettable d’en arriver là.
Nicolas ZEIMETZ
Délégué syndical CFDT