Tendre l'oreille
Salut, les terriens, bienvenue sur la planète Transcom ! Si nous n’avions pas subi une attaque d’astéroïdes qui a détruit notre bouclier anti-marché, réduit à néant notre paradigme enchanté, sans doute n’en serions-nous pas là. Navire interstellaire sans pilote, nous errons tels des enfants à l’aube d’un siècle nouveau, sans repères ni véritable horizon.
Il y a tant de distance qui nous sépare du navire amiral, que nos voix ne parviennent pas à porter jusqu’à lui, que nos demandes restent sans suite. Ici bas, on éprouve la sensation de l’abandon à nous-mêmes, nous vivons une forme infinie d’apesanteur, ici-bas, on en vient à se foutre de tout. Pas de cap, un nouvel oriflamme en guise de boussole, un nouveau slogan pour conjurer le mauvais sort.
Mort et bien mort «Our people make the difference », on est entré de plein pied dans une nouvelle ère, il y a peu de temps de cela, Transcom semblait concevoir son avenir en s’appuyant sur l’addition des talents de chacun. Aujourd’hui et depuis des mois, c’est semble-t-il le slogan « la solution, c’est la soustraction » qui fait office de leitmotiv pour nos directions successives.
Soustraction de clients, soustraction de volume de production, soustraction de personnel, aurais-je inventer quelque théorème ? S’interroge pesamment l’écrivaillon, un triangle magique, une sorte de triangle des Bermudes, puits sans fond d’illusions perdues.
L’accord d’annualisation est mort-né, pour ceux qui, encore, l’ignorent, il a été dénoncé par 2 des 3 organisations qui l’avaient signées. Si la direction le souhaite, elle pourra relancer un nouveau processus de négociation sur le thème de l’annualisation.
A voir l’aptitude des directions locales à mettre en œuvre ce terrible accord, on peut s’interroger sur l’opportunité pour la direction de relancer ce débat. En attendant, c’est sans maîtrise et sans entrain que nos cadres locaux s’improvisent gestionnaires du temps qui passe, pataugeant gentiment entre leurs capacitaires, les forcasts clients, les compteurs d’heures fantômes.
Je sais, vous lisez et vous vous dites qu’à trop penser, le bloggeur devient acariâtre, si seulement, il l’était. Mais la réalité est parfois cruelle et elle sait vous ramener à une forme de douleur si précise, que point n’est besoin d’exagérer. La réalité, c’est depuis 2 ans la promesse de la direction de trouver de nouveaux clients, la réalité, c’est la promesse d’une adaptation de l’entreprise à son marché, la réalité, c’est depuis 2 ans, la promesse d’adapter l’organisation du travail et j’en passe… Au final, quelles promesses ont été tenues ? Aucune.
Aujourd’hui, la seule priorité, c’est stabiliser l’emploi et je ne parle pas de remplacer les CDI par des CDD ou des interim, comme cela est fait à Tulle, aujourd’hui, il faut stabiliser le noyau dur de Transcom et pour cela, il faut d’abord conserver les clients que l’on a.
Conserver les clients doit être la ou l’autre priorité de Transcom et on peut regretter que l’absence de prise en compte de la parole des salariés pour atteindre cet objectif. Les organisations syndicales font leur travail lorsqu’elles rencontrent la direction, lorsqu’elles font des propositions, lorsqu’elles alertent sur la situation de telles ou telles activités, sur la dégradation des conditions de travail ou les problèmes de management.
Mais la direction n’écoute jamais, au final, elle ne semble se sentir à l’aise face aux organisations syndicales que dans le rapport de force. Car la direction ne marche pas, traditionnellement à Transcom, elle semble se croire en lévitation, elle plane au-dessus des problèmes et évite le plus longtemps possible l’effleurement.
Ce qui est certain, c’est que la CFDT met régulièrement l’accent sur des problématiques, des dysfonctionnements et ce que l’on peut dire, c’est que jusqu’à présent, et malgré la pertinence autoproclamée de nos revendications, remontées, la direction n’en tient pas compte.
Le constat que nous faisons, c’est que la situation sociale sur certaines activités ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, si la direction voulait bien tendre l’oreille. Mais n’avons-nous pas une nouvelle direction ?