Planplans d'action
Les champs infinis de solitude
Nous errions à travers la plaine depuis des saisons, nous avancions péniblement en quête d’une lumière moins crue, espérant trouver un peu de chaleur, de réconfort au bout de l’horizon.
Les guides que nous avions croisé au fil de notre errance, nous avaient quitté, avaient fui. Nous éprouvions le vide, la sensation de l’absolue solitude.
Aujourd’hui, une journée de discussion était organisée entre la responsable des relations sociales et les organisations syndicales autour de la négociation sur le « droit et le devoir syndical » renommé par la CFDT « droit et dialogue social », l’après-midi devant être consacré aux futurs thèmes de négociation et aux problématiques rencontrées sur les sites.
Pourquoi aborder la thématique « droit et dialogue social » avant d’autre thèmes ? D’abord, parce que c’était le souhait de la direction, ensuite parce qu’il est nécessaire pour les instances représentatives du personnel de disposer de moyens de fonctionnement pour exercer correctement les missions qui sont les leurs et pouvoir défendre les salariés avec un maximum d’efficacité.
La CFDT a proposé pour ne pas perdre de temps que les points validés avec l’ancienne direction soient actés et ne soient pas remis sur le tapis, la direction en a pris bonne note.
Au-delà des moyens, nous avons largement fait part du fait que la direction devait véritablement prendre en compte la parole des syndicats, nous avons exprimé très clairement le fait que nous remontons régulièrement des problématiques, que nous alertons les directions sur les risques sociaux dans l’entreprise et que ces alertes ne sont pas prises en compte avec tout le sérieux nécessaire.
Après avoir acquiescé et pris, à nouveau, bonne note de ces observations, la responsable des relations sociales a indiqué être particulièrement sensible à la pertinence de nos remarques et a précisé que celles-ci seraient traitées sans délai, je veux dire sans nous donner de délai.
Il n’en demeure pas moins pour la CFDT que le climat social serait moins dégradé sur les centres Transcom s’il existait une véritable cohérence entre bonnes intentions affichées par les responsables nationaux et les pratiques en local.
L’après midi a été consacrée à une approche des thématiques de négociation, la direction a souhaité mettre l’accent sur le « stress au travail , les travailleurs handicapés et les séniors ». Après nous avoir largement, tout au long de journée, exposé son intention de mettre en œuvre une méthodologie précise associant les organisations syndicales et la direction pour faire avancer le dialogue social. L’alter égo de la DRH nous a laissé nous étendre et nous répandre sur les éléments que nous associons aux risques psychosociaux avant de nous informer vers 17h30 qu’en fait elle était résolue à mettre en œuvre des plans d’actions sur les 3 thématiques abordées, provoquant la colère de la CFDT et celle des autres organisations.
Un plan d’action, c’est la mise en œuvre unilatérale par la direction d’un ensemble de mesures minimum, destiné à satisfaire aux obligations de l’entreprise vis à vis de la loi. Le seul objectif de ces plans d’action est d’éviter à l’entreprise de payer à l’état des amendes proportionnées à sa masse salariale. La CFDT ne peut cautionner cette méthode « service minimum » de la bouée de secours, l’année dernière un plan d’action a été mis en œuvre sur les séniors, ce fut un flop retentissant qui fit pschitt pour les salariés, en effet quels salariés ont bénéficié de ce plan d’action ? la réponse = 0.
La direction ne nous a pas sollicité pour une négociation sur les thèmes précités, elle n’a pas pris le temps d’un véritable dialogue et elle voudrait que nous fassions preuve de compréhension à son égard, ce n’est pas possible. Si, au moins, elle avait annoncé les choses clairement, mais à aucun moment, nous n’avons été sollicité pour une négociation, voilà qui présage mal des prochaines NAOs, nous heurterons-nous à un mur ? En ce cas, le choc sera rude.
Passée cette journée de dupe, les DSC rencontreront la Dégé et son état-major, le 16/11/2010 pour un point sur Transcom, ses salariés et les perspectives économiques et sociales à court et moyen terme.
En attendant, tout va pour le mieux, n’est-ce pas ?