Négos, version longue
Des fois, on rêve, c’est vrai, on rêve. A lire cela, c’est vrai, je sais, on croit rêver, mais que voulez-vous ? Je sais ce que vous voulez, le meilleur, comme moi, il y a en vous, un rien qui fleure bon l’utopie, une forme ultime d’optimisme qui dans sa forme la plus extrême pousse parfois au désespoir… ou au combat. Et qu’y a-t-il de plus beau que d’aller au combat pour une juste cause ? Je vous le dit, je vous le ris, il n’y a rien !
Nous sommes en quête et tout dans cette quête nous pousse au combat, je le sens, ce jour, je vais vous révéler la substance qui nourrit notre choix. Vous dire ce qui justifie l’attitude de votre délégation CFDT dans la négociation sur l’annualisation et la modulation.
Nous savons vos interrogations quand vous voyez la négociation s’éterniser, quand vous vous inquiétez pour la pérennité de vos emplois, oui, nous avons conscience de vos incertitudes. Et c’est en cela, qu’en tant qu’élu CFDT, je souhaite vous éclairer.
A quoi bon se présenter à la table d’une négociation, si on n’a rien à dire, si on a travaillé sur rien, si rien n’est à discuter ? Cela ne sert à rien. C’est pourquoi, nous, CFDT, avons fait le choix de l’exigence.
Discuter de l’annualisation, c’est faire le point sur Transcom hier et aujourd’hui, c’est dire à la direction nouvelle, tous les mensonges dont on n’a pas cessé de nous rebattre les oreilles, de l’objectif France à la pseudo-volonté d’aller chercher de nouveaux clients, c’est dire aussi que les salariés n’ont rien obtenu de TWW lorsque tout allait bien, ni augmentation de salaire substantielles, ni réelles avancées sur les conditions de travail. C’est dire encore que les salariés français ont tant œuvrés pour la multinationale suédoise qu’il est plus que temps pour elle de rendre la pareille quand les emplois sont menacés par la succession d’erreurs, de fautes de gestion.
Négocier l’annualisation, c’est crier que la remise en question des horaires des salariés n’apportera aucun bénéfice supplémentaire à l’entreprise, si rien n’est fait pour donner à une structure calcifiée, sclérosée, un nouveau squelette et de nouveaux muscles et pourquoi pas un cerveau ? La CFDT de votre Transcom réclame que les cadres soient valorisés selon leur apport, qu’ils soient évalués selon leur mérite réel, qu’ils cessent de s’abriter derrière une pseudo-organisation ultra-centralisée pour justifier leurs piètres résultats.
Négocier l’annualisation, c’est rappeler à la direction, que la volonté de redonner de la motivation aux salariés passe effectivement certainement par la remise en place d’un système de prime, mais alors, que celui-ci soit juste, smart, accessible et ses critères honnêtes. Or, le nouveau système de prime si on entend bien qu’il souhaite valoriser la performance, intègre une notion d’efficacité qui sanctionne à tort et à travers les salariés. La CFDT conteste le concept d’efficacité, parce qu’en sanctionnant les salariés en arrêt maladie, il constitue avec la perte de la Transvalue, une forme de double-peine, d’autre part quand vous pensez que trop de pause 2, de pause 5, de pause 9 vous pénalise, vraiment la question se pose, qui a pensé ce pensum ? Enfin la CFDT demande également que des critères stables et vraiment intelligibles soient établis pour les agents qui travaillent sur SFR ou sur Expédia et que l’accompagnement nécessaire soit apporté aux agents pour que ceux-ci atteignent le niveau de performance requis.
Quand au fait que les AFQ soient exclus du système de prime au prétexte qu’ils ne seraient pas productifs, il y a de quoi s’interroger sur le fait que les agents sont évalués selon des processus établis par ledit training et que sauf anomalie, le training doit contribuer à la montée en compétence des agents, pourquoi, alors les AFQ ne seraient-ils pas primés ?
Négocier l’annualisation, c’est enfin se confronter aux autres syndicats, se heurter aux refus obstinés de la CGT de proposer quoi que ce soit et de n’opposer que le non, ou de pouvoir comprendre la démarche de FO (qui m’a tant mis en colère).
Négocier, c’est agir pour vous, pour ne pas subir et proposer, mais je vous propose d’y revenir.