Alarmistes ?

Publié le par dpcfdtroanne

A l'heure, où je rédige cet article, la direction France est en train d'exposer aux élus du CCE le principe du projet de réorganisation qu'elle défend. Cette réunion s'inscrit dans le cadre légal qui délimite toute restructuration d'entreprise.

Il semble à ce jour, que les informations apportées par les syndicats aux salariés soient trop alarmistes si on en croit la direction, tout est, paraît-il, ouvert, tout semble négociable.

Ce qui est certain, c'est lorsqu'une entreprise propose une réduction du temps de travail(exemple : passage à 30H, cela correspond aux constats suivants :

- Pour traiter les volumes actuels, il sera nécessaire à personnel constant(nombre de salarié) de traiter plus de tâches en moins de temps. L'entreprise veut effectuer un gain de productivité.
Cela signifie pour le personnel, plus de pression, plus de stress et dans le même temps, moins d'heures rémunérées, donc une perte de revenus.

- Pour traiter les volumes futurs, l'entreprise se place, soit dans une hypothèse de baisse constante d'activité sur la France, soit dans une perspective de hausse de l'activité. Si une hausse de l'activité est constatée et dans ce cas 2 options :

Option 1 : On va au bout des gains de productivité et on finit par proposer une augmentation ponctuelle ou pas, de la durée du temps travaillé.

Option 2 : On considère que la productivité va baisser si on ré augmente le temps de travail. En conséquence, on préfère recruter à nouveau, mais sur la base de contrats de 30H, ce qui permet à l'entreprise de maintenir un niveau de productivité très haut et de se donner de la souplesse en terme de planification.

Il va sans dire que la seconde option(nous l'appellerons l'option "caissière") est plus favorable à l'entreprise qui peut, ajuster ses recrutements en ayant recours au travail précaire(CDD, interim) et bénéficier d'allègements de charge sur les bas salaires.

En revanche, pour les salariés, au-delà de ce qui concerne le stress et la perte de revenu, il y aura une contrainte supplémentaire qui consistera à se montrer extrèmement souple pour satisfaire aux besoins de la production.

Enfin pour optimiser ses coûts, une entreprise se doit d'optimiser son encadrement et ses moyens de contrôle des activités.
Il est inutile d'avoir trop d'encadrants lorsqu'on s'appuie sur une planification qui devra "coller" aux pics d'activité et sera forcément de plus en plus individualisée(en clair, parmi les emplois les plus menacés figurent ceux de l'encadrement TLs, BMs).
Il est en revanche essentiel de se doter d'outils performants pour repèrer ses pics et y adapter la planification. Reste-t-il un peu d'argent pour investir?

En tant qu'organisation syndicale, les questions qui se posent sont celles-ci.
Est-ce alarmiste de dire qu'un seul projet nous est proposé à l'heure où on se parle et qu'il associe, réduction du temps de travail + annualisation + modulation?
Est-ce alarmiste de dire que les revenus et la vie quotidienne des salariés sont directement touchés par cette réorganisation?
Est-ce alarmiste de dire que Transcom W.W. nous paraît loin d'être organisé de façon optimale pour préserver les emplois de TOUS les salariés?

Si la direction propose aujourd'hui aux syndicats une négociation sur son projet de réorganisation, il me semble, hélas, que c'est uniquement parce que la loi l'y oblige et pas par goût du dialogue social.
C'est pourquoi nous voulons éveiller vos consciences et nous vous demandons votre soutien pour peser sur des évènements qui auront de lourdes conséquences pour chacun d'entre nous.

Nicolas,
DS CFDT Roanne
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Publié dans Actualité

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