Lettre ouverte à Madame, Monsieur
Madame, monsieur
C’est demain que tout commence, demain sera pour nous tous, l’heure des choix. Il ne convient pas d’afficher une sérénité à toute épreuve, de prétendre que nous avons su tout envisager, tout anticiper, la modestie est de rigueur.
C’est demain que tout commence et chacun ressent cette inquiétude, cette crainte que l’on ne parvienne pas à surmonter le cap que va représenter l’annualisation. Un cap, que dis-je ? C’est un cap, c’est une péninsule ! Et je lance un appel, un cri d’alerte à tous les Cyrano, Don quichotte et autres Hurluberlus, à tous bretteurs littéraires de première…
Qu’ils prêtent leur éloquence à ceux qui nous gouvernent et qui vont devoir mettre en cohérence leurs discours et leurs actes. Nous n’en sommes plus à l’heure des souhaits, les promesses vont devoir trouver une forme concrète de résonnance (compliquée la phrase ? Normal, c’est un concept).
Or les premiers échos qui nous parviennent du champ de bataille ne sont pas là pour nous rassurer, on nous indique que la planification déstabilise et désoriente quand on nous avait promis de la justice, de l’équité. Je perçois non loin, le fracas des vagues d’amers et de mécontents dont les plaintes légitimes se heurtent déjà à l’horlogerie soi-disant parfaite du bourreau électronique.
Quelle justification peut-on donner au mystère qui accompagne la mise en œuvre de la planification ? Sans doute aucune, encore une fois. Le temps presse, je lance sérieusement un appel au travail d’explication qui s’impose.
Le changement est en cours, ne rien dire, laisser faire, qu’on nous le dise, est-ce une forme d’accompagnement ? Est-ce la bonne solution que de tendre le flanc, déjà, à la critique, alors que rien n’est en marche ? Timide je n’ose pas dire que rien ne marche. Mais de la théorie, au succès de la mise en pratique, il est des jalons essentiels qu’on se doit de poser, car de la solidité des fondations dépend la stabilité de tout édifice, y compris celle des châteaux de cartes.
Alors, madame, monsieur, il ne tient qu’à vous de nous donner des gages.