Après le CCE

Publié le par dpcfdtroanne

Le CCE, c’était mercredi, a permis d’y voir plus clair quant à la signature de l’accord d’annualisation négocié ces 6 derniers mois. Le CCE a prononcé un avis favorable sur la mise en place de la nouvelle organisation du temps de travail, il y a donc aujourd’hui 99% de chance pour que l’accord soit signé le 28 janvier à Raon l’Etape.

Puis viendra l’heure des choix, quand chacun aura reçu son avenant accompagné d’une version de l’accord et d’un courrier d’accompagnement. Il appartiendra à la direction de clarifier ce qu’elle souhaite et d’effectuer son travail d’information sur les choix qu’elle fera en fonction de ce que décideront les salariés. En effet, chacun devra, dans le mois qui suivra la signature de l’accord et l’envoi des avenants, se déterminer. Vous pourrez compter sur les élus CFDT pour vous épauler si vous en ressentez le besoin.

Ne nous trompons pas, si à l’issue d’une négociation qui vous aura semblé longue (il faut savoir qu’en moyenne, négocier un accord d’annualisation nécessite 9 mois) nous somme satisfaits d’avoir pu fixer un cadre à une modification significative de nos horaires et habitude de travail, nous attendons de voir comment va se dérouler la mise en place du système.

Quand nous constatons les limites du système  actuel en termes de planification ou de politique de congé, nous sommes inquiets de voir comment sauront s’adapter nos G.O. (gentils organisateurs) au peu biologique changement de rythme pour l’entreprise.

Nous avons déjà entrepris de sensibiliser madame la DRH et les responsables opérationnels sur le fait que la planification actuelle recelait déjà pour les salariés des incohérences et des motifs d’inquiétude qu’il convenait de prendre en compte et de résoudre, sans quoi le climat social deviendrait très rapidement irrespirable.

Détail qui n’en est pas un, il faut noter également que l’annualisation n’est pas un bloc monolithique qui va s’imposer à chacun et à toutes les activités de la même façon. Les responsables locaux devront savoir trouver dans le cadre de l’accord, matière à préserver leurs salariés et adapter les plannings au type d’activité. Que nous fassions du recouvrement, du service client ou de l’appel sortant, les spécificités et les difficultés ne sont pas les mêmes, les impacts du travail sur la santé ne sont pas les mêmes. Les plannings, l’amplitude horaire seront à surveiller de près par les opérationnels, sans quoi la qualité s’en ressentira, les conditions de travail et l’absentéisme aussi.

Ce travail que nous effectuons au quotidien, faisant le relais ou le tampon entre les salariés et la direction, s’inscrit délibérément dans la démarche d’un syndicalisme renouvelé où l’on n’attend pas que l’incendie couve avant d’agir, où on préfère anticiper les difficultés plutôt que de se nourrir d’un malaise qui s’installe. Notre travail, c’est aussi des conflits peu glorieux mais nécessaires avec nos directions pour le rétablissement du chauffage, le changement d’un ballon d’eau chaude, c’est aussi intervenir auprès d’une mairie pour le déneigement d’un parking pour que les salariés puissent venir travailler dans des conditions correctes...

Alors, on le sait, certains nous diront l‘annualisation, c’est pas bien, avant c’était mieux ! Ils n’ont pas tort d’ailleurs, nous aurions préféré que rien ne change, mais ce n’était pas possible. La CFDT a donc fait le choix de s’engager dans la négociation pour la préservation de nos conditions de travail, pour la préservation de l’emploi. C’est ce parti pris qui a fait que, nous avons su fixer un cadre aux exigences patronales, obtenir une compensation financière pour les salariés concernés par l’accord et c’est parce que nous avons négocié et que nous allons signé cet accord que nous participerons à son suivi, à son application.

Venir à la table des négociations, dire non à tout et ne rien proposer par idéologie, ne faire aucune proposition, c’est un choix que certains ont fait, mais était-ce vraiment défendre l’intérêt des salariés ? Je ne crois pas.

Alors, oui, bien sûr, la perspective de travailler 40H jusqu’à 8 semaines non-consécutives par an va être difficile, éreintant, fatiguant nerveusement, mais j’ai une pensée pour le personnel soignant de l’hôpital de Roanne où le personnel soignant enchaîne semaines après semaines, des journées ou des nuits de 12h, sans que quiconque trouve à y redire, et je me dis que notre négociation n’a pas été inutile pour les salariés et pas si mal menée, même si le plus dur reste à venir…

 

Nicolas ZEIMETZ

Délégué syndical CFDT

 


 

 

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