M'sieur dames
Briques après briques, m’sieur dames, vous construisez un mur de méfiance entre vous et vos salariés. Vous avez certainement du savoir-faire, le chiffre d’affaire, ça vous connaît ! Mais n’omettez pas que tout en bas de la chaîne, il y a des salariés que vous devez prendre en considération. Eux savent pour leur part, que globalement, leur salaire de base, c’est le SMIC, rien de plus, ah si ! 50 euros qu’il a fallu vous arracher après de longues heures de négociation.
Ce que vous ne devez pas oublier et que les salariés ne doivent pas oublier, c’est que sans eux, vous n’êtes rien, nada, niente ! Dans nos usines à téléphone, on a beau faire, on ne sait pas remplacer les êtres humains par des machines, ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Le facteur humain, objet de toutes vos attentions, ou comment exercer le contrôle nécessaire pour éviter toute forme de pensée autonome, toute forme de questionnement sur le système, sur le mode d’organisation d’une entreprise qui chancelle ? Le code de bonne conduite, une réponse ? Non, une forme honteuse de carcan, d’appel officiel à la délation.
Mais revenons-en à l’origine, l’origine de ce laïus longuet, dont dans les premières lignes, il ne fut jamais question. L’origine de cette tirade, c’est simplement la volonté qui est la vôtre de mettre en place au 1er juillet, l’accord d’annualisation pour les uns, un autre « truc » pour les autres. Malgré les heures et les jours qui passent, notre vision n’a pas changé. Il y a dans votre conviction feinte de mettre en place un système à 2 vitesses pour vos salariés, une forme aboutie de mépris et votre parole s’en trouve donc allégée de la sincérité, de la pertinence et de la force de conviction qu’il convient de posséder lorsqu’on prétend présider aux destinées de 1000 salariés et plus.
Ne croyez pas la flamme de notre colère éteinte, même si certains salariés restent sous le choc de tous vos mensonges assumés. La colère est bien là, car il n’est pas supportable que vous vous contentiez d’observer vos employés du moment comme d’aimables pions faciles à déplacer. Croyez-le ou pas, vous vous préparez des heures difficiles, sur quelques plans que ce soit. SI vous ne faites aucune démarche pour relancer le dialogue dans l’entreprise et remédier à votre projet absurde de double-approximation, nous saurons aller vous chercher sur des terrains inattendus, vous auriez tord de mésestimer notre créativité.
Dites-moi, M’sieur, avez-vous reçu des nouvelles de monsieur le Sous-préfet, à Roanne, vous l’auriez pas vu, il paraissait un « brin irrité » par le manquement à votre parole de maintenir l’effectif à 328 salariés, Transcom ou l’art de décevoir.
Alors vous avez beau avoir intégré une nouvelle recrue au sein de votre staff,qui va être, nous rapporte-t-on, Responsable des Relations Sociales, nous sommes largement dubitatifs sur l'intérèt pour les salariés de cette arrivée, mais réjouissons-nous, Transcom vient de créer un emploi.
Autant dire que ça en jette, d’autant qu’au titre de ses attributions, elle aura en charge «d’assurer le dialogue social, de négocier les accords d’entreprise et de gérer des dossiers nationaux tel que le renouvellement du Label Social », rien de moins. Pour ce qui est du « label social », j’en connais à qui il tarde d’être audité pour pouvoir évoquer ce merveilleux machin que l’on nomme à Transcom le dialogue social. Alors, bon courage à madame la RRS, nous saurons lui réserver le meilleur accueil.
Nicolas
Post scriptum : un accord signé, mis en place au 1er avril ou au 1er juillet ?
Petit annexe en forme d'interrogation, c'est quoi ce bazar ?
Les salariés, en fonction de leurs activités sont soumis soit à la signature de décharges opérationnelles, soit à des heures supplémentaires. A l'heure où nous nous parlons, un accord a été signé et est entré en application au 1er avril, cependant depuis cette date, nul compteur d'heure, nulle prise en compte de périodes hautes ou basses et pourtant l'accord devrait déjà produire ses effets. Ca n'est pas le cas ?
Ah Bon, la direction aurait-elle renoncé à mettre en place l'accord, tacitement ? C'est ce qui ressort de cette non-application de l'accord, car les décharges signées sont bel et bien déduites des fiches de paie et les heures supplémentaires seront, et c'est bien le moins, rémunérées comme telles aux salariés sans aucune distinction contractuelle entre les uns ou les autres.
Les salariés ne sont pas responsables de l'impréparation de l'entreprise pour laquelle ils travaillent, si elle n'est pas à même de respecter les clauses qu'elle a elle-même validé en signant l'accord, cela signifie-t-il que cela constitue, sur un plan juridique, une renonciation de fait aux modifications contractuelles liées à l'avenant signé ou refusé par les salariés ? Tout cela, pour l'instant n'est que de l'ordre de l'hypothétique, de la conjecture, mais l'interrogation est posée et appelle des réponses dont nos juristes sont saisis.
Quoiqu'il en soit, comment ne pas regretter que cette "boite" fonctionne ainsi, à son gré, sans s'encombrer outre mesure du bien être de ses salariés. il serait temps qu'il y ait une réaction de la part de l'entreprise.