L'illusion d'être grand
Il y a des évènements qui vous frappent en plein front et qui vous ramènent à la réalité comme les vagues au rivage. On peut cultiver l'apparence, simuler des univers virtuels et s'y perdre. Tel des Don quichotte croyant affronter les dragons du 21ème siècle dans leur quète de l'invisible client, nos dirigeants errent vers demain, drapés dans leur dignité de carton comme le chevalier à la triste figure dans son armure. A chacun ses moulins...
Ce qui n'est pas virtuel en revanche, ce sont les licenciements qui s'enchaînent depuis des mois sur les centres Transcom, des licenciements à zéro euro. En juillet 2009, la direction avait invoqué la nécessité de supprimer 175 ETP ou de réduire le temps de travail pour solutionner les difficultés économiques de l'entreprise. Depuis un an le cap des 175 départs a largement été dépassé, des départs indolores pour l'entreprise, incolore pour les salariés.
Ce qui est choquant dans la situation que nous connaissons, c'est qu'une entreprise qui refuse toute rupture conventionnelle puisse élaguer de la sorte ses effectifs sans que quiconque semble s'en soucier. Les salariés s'en vont donc les mains dans les poches, sans pouvoir mettre en valeur de quelque façon que ce soit leur parcours en centre d'appel.
Pour la CFDT, la préservation de l'emploi est une priorité, mais plus encore, il importe que les salariés qui transitent par Transcom puissent valoriser les compétences acquises pour renforcer leur "employabilité" et pour pouvoir "trouver mieux" après, car il y a un après. Heureusement pour nous tous, heureusement pour ceux qui ont quitté l'entreprise ces derniers mois et qui se trouvent confrontés à un marché du travail dont le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est guère florissant.
On peut s'interroger, se demander à quel moment cette cure d'amaigrissement s'achèvera, on peut s'interroger sur la finalité du plan mis en oeuvre par nos directeurs, mais quel est donc cette stratégie? Y a-t-il seulement une stratégie ? Ici et là, on se demande : "mais que sera la fin, sera-t-on liquidé ou bien vendu ? A tout niveau, on s'interroge : "mais que sera la fin, sera-t-on ...? On nous laisse sans réponse. Et tout continue.
Jadis géant, c'était il y a 5 ans, nous ne sommes plus, désormais, que statue d'argile, friable et insolite.On liquide, on coule et on se liquéfie, le paradoxe de Transcom, c'est que ce sont les rouages qui confèrent au squelette ce qui lui reste de solidité, c'en est trop de métaphore ? Bien, alors je cesse et j'explicite.
Je trouve qu'il y a comme un paradoxe à voir les salariés demander l'évolution de la structure, solliciter des améliorations à une direction qui écoute sans entendre, sans comprendre. Mais, malgré notre naïveté, nous ne pouvons oublier qu'au-dessus de nos dirigeants, il y a des actionnaires en attente de retour sur investissement, de profitabilité, il faut se le dire, l'immobilisme qui fait loi à Transcom n'est certainement que la conséquence d'une stratégie globale de l'actionnaire principal dont les calculs n'ont que peu à voir avec les intérèts des salariés.
Sinon, comment expliquer que rien, strictement rien ne soit prèt pour une mise en oeuvre efficace de l'annualisation. Si bien que le motif économique qui avait été invoqué pour adapter "l'organisation du Temps de travail" dans l'entreprise aux normes du marché devra être explicité, justifié. Que se passera-t-il et que pourrait décider une cour des prudhommes si un salarié ayant signé son avenant, attaquait l'entreprise pour manquement à ses engagements ? La direction France n'a de cesse de nous dire que nous sommes en difficultés économiques, mais qu'a-t-elle fait pour préparer la mise en oeuvre de l'annualisation ? Il nous semble bien que nous en sommes toujours au stade du bricolage, avec un logiciel de planification qui n'est pas maîtrisé, avec des feuille de pointage manuelle à défaut de pointeuse, avec un compteur d'heure dont le nombre d'heure est erroné, avec des coupures dont il faut nous prouver qu'elles apporteront quoi que ce soit à la production... et j'en passe.
Quand à la prétention d'être un centre d'appel virtuel, s'il vous plaît, qu'on y renonce ! On le sait, les grenouilles ne seront jamais aussi grosse que les boeufs, alors renonçons à cette illusion." La bonne taille, c'est quand les pieds touchent par terre" disait coluche,alors cessons de faire semblant de croire que nous sommes grands.
Vos élus CFDT